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Politique

La discorde plane toujours au Parti Socialiste

Difficile d’avoir meilleure illustration des tergiversations socialistes sur le dossier Notre-Dame-des-Landes. La décision d’abandonner le projet est tombée sur la table d’Olivier Faure mercredi, en plein déjeuner avec une poignée de journalistes. Qui piaffent de connaître la position du patron des députés socialistes, candidat au poste de premier secrétaire. La réaction ne viendra pas. «Il faut que j’appelle Johanna Rolland», la maire de Nantes, avance Faure pour unique réponse. «Vu le peu d’élus locaux qu’on a après le massacre électoral du printemps, je nous vois mal nous désolidariser des maires de Nantes et Rennes», grandes partisanes du projet, ironise une socialiste bretonne en écho.

En réalité, s’en remettre aux élus du cru a constitué l’alpha et l’oméga de la pensée socialiste sur NDDL de 2012 à 2016. Grâce à François Hollande, cohabitent au sein du gouvernement écologistes et socialistes, eux-mêmes partagés entre productivistes et partisans de la sociale-écologie. Compliqué. Arnaud Montebourg est le seul à regimber. «Tu fais chier tout le monde avec ton aéroport, tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes», balance-t-il à Ayrault à l’automne 2012. De plus, chacun avec son prisme, deux Premiers ministres successifs ont empêché toute contestation du projet : à Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, le développement local, à Manuel Valls, l’autorité de l’Etat.

Pendant tout son quinquennat, Hollande va donc promettre qu’il fera NDDL à chaque fois qu’on lui pose la question. Sur les conseils d’Ayrault et de Valls, alors ministre de l’Intérieur, Hollande va même approuver le déclenchement de l’opération «César» pour déloger les zadistes en septembre 2012. Un fiasco. Sur l’insistance de Cécile Duflot, il suspend l’évacuation musclée. Ségolène Royal entre dans la danse en 2014, déterrant l’option d’un agrandissement de Nantes-Atlantique. «Comme Hollande ne voulait pas froisser Royal, on n’a pas bougé, accuse un élu PS du Grand-Ouest. On aurait dû avoir le courage de le faire nous, ce putain d’aéroport !» Après l’opération policière à Sivens, en octobre 2014, «l’ombre de Rémi Fraisse planait sur nous», se souvient un député, rendant compliquée toute intervention policière à NDDL. Les attentats de 2015, les plans «Vigipirate» et «Sentinelle» et le maintien de l’ordre autour de la «jungle» de Calais empêchent ensuite d’envisager sereinement l’évacuation de la ZAD.

Allié aux écolos pour la présidentielle, Benoît Hamon prend le contrepied du PS et promet l’abandon de NDDL. Des éléphants socialistes, qui n’attendaient que ça, tiennent leur ticket de sortie : le PS est un parti progressiste, Hamon va contre le progrès, ils ne vont pas avec Hamon. CQFD. L’axiome est en train de ressurgir en vue du congrès du PS, début avril. Pour le député des Pyrénées-Atlantiques David Habib, partisan de NDDL, «quand le PS reste ce qu’il est, attaché au progrès social, économique et technologique, il gagne des élections. Quand il se replie sur une thématique de précaution et de protection, il perd. Cela sera un vrai marqueur pour l’avenir du PS».

Depuis qu’ils sont dans l’opposition, les socialistes n’ont pas mis de l’ordre dans leur position sur NDDL, ayant d’autres chats à fouetter après leur défaite historique. Lors d’une réunion du groupe PS à l’Assemblée nationale, deux des 30 députés PS étaient pour l’abandon (Olivier Faure et Delphine Batho), une poignée officiellement partisans (Stéphane Le Foll, Luc Carvounas, Valérie Rabault, David Habib) et «une bonne moitié qui se tiennent à l’écart d’un dossier local et explosif», décrypte un député. Depuis l’annonce du gouvernement Philippe, Delphine Batho et Martine Aubry ont été les deux rares dirigeantes socialistes à saluer l’enterrement du nouvel aéroport.

Mercredi soir, le communiqué du PS, qui cherche sa voix dans l’opposition, a mis tout l’après-midi à parvenir aux journalistes. Insistant sur le «reniement» de l’exécutif et le «déni de démocratie», brocardant «un président de la République qui désavoue le candidat Macron». Lucide, le PS envisage, quoique timidement, une «refonte du dialogue environnemental en France». Mais sur le report de l’évacuation de la ZAD, qui a tétanisé tout le monde pendant le quinquennat Hollande, le PS «prend note». Pas question de décerner le moindre satisfecit.

par Laure Bretton

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Actualités

Violences contre les Femen, jusqu’à un an avec sursis requis

Violences contre les Femen : Les faits remontent à 2012, lors d’une manifestation de catholiques opposés au mariage homosexuel: des peines allant jusqu’à un an avec sursis ont été requises jeudi soir au procès de huit hommes accusés de « violences en réunion » à l’encontre de militantes des Femen.

Ce procès n’est pas « une instance morale, voire politique », mais celui de « violences en réunion », a déclaré la procureure.

Le tribunal correctionnel de Paris se projette depuis mercredi cinq ans en arrière, dans une manifestation contre le « mariage pour tous » organisée le 18 novembre 2012 à Paris par l’institut Civitas, proche des catholiques intégristes.

Les huit prévenus âgés de 27 à 58 ans, parmi lesquels des militants d’extrême droite, sont jugés pour avoir violenté neuf Femen, ainsi qu’une photographe et l’essayiste Caroline Fourest, en début de manifestation.

Selon la représentante de l’accusation, vidéos et témoignages permettent d’établir que six d’entre eux ont participé à ces violences brèves et intenses: elle a demandé contre eux des peines allant de 1.500 euros d’amende avec sursis, pour un colonel à la retraite, à un an de prison avec sursis pour un militant des Jeunesses nationalistes et pour le plus connu des prévenus, Logan Djian, militant d’extrême droite.

Elle a requis la relaxe des deux derniers « au bénéfice du doute ».

Les militantes féministes avaient fait irruption dans le cortège seins nus et arborant des slogans tels que « In Gay we Trust » (« Nous croyons en l’homosexualité ») ou « Fuck Church » (Aux chiottes l’Eglise), actionnant de petits extincteurs remplis de poudre blanche et estampillés « Holy Sperm » (« saint sperme »).

Alors que plusieurs prévenus avaient expliqué s’être sentis agressés, physiquement ou moralement, par cette intrusion, et avaient dénoncé une « provocation », « un acharnement » contre « les symboles du catholicisme, la Vierge Marie, la religieuse, la pudeur », la magistrate a rappelé qu’en l’état actuel du dossier, « ces femmes sont victimes ».

– ‘Un voile et une culotte’ –

« On a l’impression que vous étiez parties au combat », a interrogé un peu plus tôt la présidente du tribunal, s’adressant à trois victimes venues témoigner, toutes ex-militantes des Femen.

– « Est-ce que je partais en guerre, nue, avec un voile et une culotte ? », a répondu, incrédule, l’une des victimes, Sarah Heulin. « C’est des slogans, pas de la violence ».

– « Est-ce que vous aviez conscience que ça pouvait être ressenti comme une agression? », a insisté la présidente.

« A aucun moment les Femen n’ont fait preuve de violence », a assuré une autre ex-militante, Valérie Roussel. « Je m’attendais à une forme d’hostilité, mais pas du tout à ça », a abondé Eloïse Bouton.

« Elles voulaient provoquer, mais provoquer un débat sur une question importante », pour Me Michaël Ghnassia, conseil de l’une des Femen.

« Peu importe » que les Femen aient choqué les manifestants, « car dans notre droit il n’existe pas d’excuse de provocation », a renchéri son confrère Tewfik Bouzenoune. « Ce sont des hommes qui courent après des filles nues, c’est-à-dire vulnérables », lesquelles « vont se faire lyncher », a-t-il dénoncé.

Seul l’un d’entre eux a reconnu, et regretté, avoir frappé Caroline Fourest. Tous les autres nient avoir porté des coups ou figurer parmi les agresseurs visibles dans les vidéos de la scène, confuses.

Logan Djian, absent pour raisons de santé, purge actuellement une peine pour des violences aggravées commises lors d’une autre manifestation anti-mariage homosexuel.

La magistrate a espéré qu’à l’avenir, « les combats des uns et des autres pourront être menés dans le respect et sans commettre de violences ».

Dans l’après-midi, au c?ur de débats tendus, un avocat a demandé à un prévenu d’arrêter « de fixer les parties civiles en faisant le signe de croix ».

Le jugement sera rendu vendredi soir ou mis en délibéré.

par AFP

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Actualités

Où sont passés les Millions qu’Emmanuel Macron a gagné chez Rothschild ?

Après les révélations la semaine dernière du Journal du dimanche (JDD), certains se sont étonnés du patrimoine peu spectaculaire de l’ex-banquier d’affaires. Le candidat à la présidentielle s’en explique cette semaine dans l’hebdomadaire.

Soupçonné de s’être servi dans les caisses de Bercy pour apporter des fonds à son mouvement « En marche », Emmanuel Macron a tenu à être transparent. Le JDD a dressé la semaine dernière avec précision la liste des rémunérations et des biens que le candidat à la présidentielle a accumulé au cours de sa carrière, depuis son passage à la banque d’affaires Rothschild & Cie, jusqu’à sa nomination au ministère des Finances.
Fait étonnant, le fondateur d’En marche ne s’est pas constitué un patrimoine spectaculaire, malgré ses années en tant que banquier d’affaires. « Pas de maison à son nom, pas de voiture ni d’œuvres d’art », relève l’hebdomadaire qui précise que ses placements s’élèvent à 227.772 euros.

« Qu’a-t-il fait des millions empochés chez Rothschild ? A-t-il été soumis à l’impôt sur la fortune pour ces revenus ? ». Le détail de son patrimoine n’a pas manqué d’étonner les lecteurs, explique dimanche 19 février le JDD. Le prétendant à l’Élysée a donc fait le point sur sa fortune personnelle et ses dépenses auprès du journal.

« Pendant les années Rothschild, Emmanuel Macron a adapté son train de vie à ses revenus et il a donc pas mal dépensé », explique son porte-parole Sylvain Fort. Entre 2008 et 2012, en tant que banquier d’affaires, Emmanuel Macron précise avoir gagné en tout (salaires et bonus compris) 2,8 millions d’euros brut. Après déduction des charges sociales et impôts, il aurait empoché 1,5 millions d’euros, soit 375.000 euros net de gains annuels, qui ont servi à couvrir ses dépenses personnelles, des travaux dans sa maison du Touquet (Pas-de-Calais) et à rembourser ses autres prêts.

UN APPARTEMENT À 950.000 EUROS À 30 ANS

Il aurait notamment honoré un prêt familial de 50.000 euros et commencé à rembourser son emprunt pour l’achat en 2007, à l’âge de 30 ans, de son appartement parisien. Un logement qu’il paya à l’époque 950.000 euros, alors qu’il gagnait 40.000 euros par an en tant que jeune inspecteur des finances, et pour lequel il emprunta 350.000 euros au Crédit Mutuel, et 550.00 euros auprès de son ami et homme d’affaires Henry Hermand. « L’effet inspecteur des finances en sortie de corps a joué à plein et le prêt d’Henry Hermand lui a servi d’apport personnel », précise son entourage pour justifier cette situation.

Emmanuel Macron a par ailleurs également commencé à rembourser son emprunt de 350.000 euros auprès du Crédit Mutuel, à qui il doit encore 227.772 euros, pour rénover la maison du Touquet. Une propriété qui lui a valu d’être assujetti à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) après la réévaluation de la demeure par le fisc de 1,2 million d’euros, sous le seuil déclencheur fixé à 1,3 million d’euros, à 1,4 million d’euros. Acceptant le redressement fiscal, il paye avec sa femme, en 2015, 4.174 euros d’ISF pour 2013, et 2.264 euros pour 2014. Ils paieront à nouveau l’ISF pour 2016.

QUELLE GARANTIE POUR UN PRÊT DE 8 MILLIONS D’EUROS ?

Désormais, les époux Macron n’ont plus pour seuls revenus que la retraite d’enseignante de Brigitte, soit 2.150 euros par mois, et les droits d’auteur que touche le candidat sur son livre paru en novembre.
L’ouvrage, intitulé « Révolution », s’est écoulé jusqu’à présent à 112.000 exemplaires, rapportant autour de 250.000 euros à son auteur. Une somme qui ne suffit évidemment pas à financer une course à la présidentielle.

Alors d’où viennent les fonds alloués à sa campagne ? Principalement de dons privés, explique son entourage. Plus de 5 millions d’euros auraient ainsi été collectés. Mais ça ne suffit toujours pas. Alors que la loi fixe le plafond des dépenses à 22,5 millions d’euros pour les deux finalistes de la présidentielle, Emmanuel Macron prévoit un budget de 17 millions pour sa campagne. Des négociations sont en cours avec quatre banques françaises pour obtenir un prêt personnel de 8 millions d’euros avant le mois de mars, selon le JDD.

Avec quelle garantie, s’interrogent les lecteurs de l’hebdomadaire ? Si l’ex-ministre ne s’est en effet encore jamais confronté à un scrutin électoral, il semblerait que les sondages qui le placent au coude-à-coude, voire devant François Fillon, et derrière Marine Le Pen jouent en sa faveur. « S’il a plus de 5% des suffrages exprimés au premier tour, il sera couvert à hauteur des sommes empruntées et remboursé par l’État », rappelle son porte-parole Sylvain Fort. Par ailleurs, la banque prêteuse ne déclenchera le prêt qu’après le 17 mars, date butoir pour le dépôt des 500 signatures. »

AFP

 

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Emploi

Contrats Aidés : les Nouvelles Exigences du Gouvernement

Le ministère du Travail a donné ce mardi le coup d’envoi à sa nouvelle politique de contrats aidés : bien moins nombreux mais avec un volet formation obligatoire.

Les contrats aidés sont morts. Vivent les parcours emploi compétences (PEC) ! Muriel Pénicaud a donné ce mardi le coup de grâce officiel à des décennies de traitement statistique du chômage à l’occasion de la remise, dans les locaux de l’école « cuisine mode d’emploi » du chef étoilé Thierry Marx, d’ un rapport sur l’inclusion sociale.

Commandé à Jean-Marc Borello, le président du groupe SOS, dans la foulée de la prise de fonction de la ministre du Travail, ce rapport concrétise la volonté de l’exécutif de passer d’une logique quantitative à une logique qualitative, en amplifiant ce qui se fait de mieux. En réduisant drastiquement – de 320.000 en 2017 à 200.000 cette année – le nombre de contrats aidés , le premier pas avait été acté, soulevant au passage une vaste polémique. Restait à dessiner la suite.

Les préfets viennent pour cela de recevoir une directive du ministère du Travail. En lieu et place d’un nombre de contrats aidés, ils disposeront désormais d’une enveloppe budgétaire annuelle via un fonds d’inclusion dans l’emploi régional. A charge pour eux de la répartir au mieux des spécificités locales entre PEC ou aides aux postes dans le champ de l’insertion par l’activité économique (IAE) , un autre dispositif d’emploi subventionné.
Formation obligatoire

Mais – et c’est le second grand changement – ne seront signés des PEC qu’avec les associations ou les collectivités locales (le secteur privé est exclu pour éviter les effets d’aubaine) qui s’engagent sur un triptyque : mise en situation professionnelle, accompagnement et, surtout, formation. A charge pour les conseillers de Pôle emploi, déjà passablement occupés, de s’en assurer.

En l’espèce, le gouvernement ne fait qu’appliquer (et renforcer) la loi. Le Code du travail conditionne déjà le versement des aides à ce type d’engagement, mais dans les faits, nombre d’employeurs ne respectent pas leurs obligations. Les préfets auront, enfin, toute latitude pour faire varier les taux de prise en charge dans une fourchette de 30 % à 60 % du SMIC brut.

« Toutes les expériences qui fonctionnent associent ce triptyque », a insisté Muriel Pénicaud, pour qui il faut en finir avec un système qui place les personnes « d’emploi précaire en emploi précaire ». « La croissance ne vaut que si elle est partagée par tous », avait abondé un peu auparavant Jean-Marc Borello.

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